L’EVOLUTION DES ABEILLES ET l'AGRESSION ACCELEREE DE L’ENVIRONNEMENT
Les apiculteurs se sont réunis samedi 5 avril à Rouffach pour réfléchir aux moyens de lutter contre la disparition des colonies d’abeilles. Ces insectes que l’on élève depuis des millénaires disparaissent de notre environnement de façon inquiétante malgré les soins de leurs éleveurs. Le président François TABAK, président du Groupement de Défense Sanitaire Apicole et co-président de l’Organisme Sanitaire National – la FNOSAD – en présence du directeur des Service Vétérinaire Départementaux du Haut-Rhin, Mr Jean-Dominique BAYART, a rappelé toute l’étendu du problème de ces disparitions inexpliquées d’abeilles. Ce phénomène touche toute la planète. Il a été baptisé « Syndrome d’effondrement des colonies d’abeilles, ou CCD – Colony Collaps Disorder aux USA ».
Ce phénomène est un grave sujet d’inquiétude et d’étude pour de multiples laboratoires dans le monde. La disparition des abeilles dans les ruchers n’est que la partie visible du phénomène, et nous ne parlons point des pollinisateurs sauvages qui disparaissent eux aussi à une cadence extraordinaire. L’environnement agressé, voit disparaître des espèces végétales et animales de toutes sortes et dans tous les milieux. La cause citée, le plus souvent, est le réchauffement climatique. Mais les agressions multiples sont des plus sournoises. Elles nous entourent et nous en sommes les premiers responsables, nous provoquons ces agressions au quotidien en tant que consommateur et d’acteur sur notre environnement. Le commerce a de tout temps été un vecteur de brassage d’idée, de population mais aussi de maladies et d’agents pathogènes. Aujourd’hui, changer de continent nécessite quelques heures seulement. C’est ainsi que le commerce a permis d’importer une nouvelle espèce de frelon qui vient dévorer les abeilles devant l’entrée des ruches. Les abeilles de nos ruchers ont vu une sélection suivant le point de vue humain et non à l’adéquation d’une coexistence capitale entre un être vivant et tous les éléments de son environnement durant des millénaires.
L'objet principal de l’apiculture est la pollinisation des cultures vivrières et les récoltes principalement, du miel pour l’HOMME aussi. Mais la disparition de l’abeille perturbe l’ensemble de l’écosystème. Albert EINSTEIN le résume si bien : « Plus d’abeilles, plus de pollinisation, plus de plantes, plus d’animaux, plus d’HOMME ». Cette phrase attribuée au savant, tant de fois citée, se révèle être de plus en plus d’actualité (prophétique) et surtout inquiétante pour nos enfants et pour l'avenir que nous leur aurons laissé. Grignoté par l'insouciance des hommes elle compromet sérieusement la terre qui leur sera laissée en héritage. Puisque le réchauffement climatique, l’usage de produits chimiques (même modéré), le productivisme comme doctrine économique, l'ignorance affichée en la matière reste de la responsabilité de l’homme. L’abeille de nos jours a besoin de chacun pour qu’elle puisse continuer à polliniser nos cultures et butiner les fleurs pour nous apporter cette valeur ajoutée qu'est le MIEL d’ALSACE aliment de santé, que nous voulons voir sur nos tables.
François TABAK nous a parlé des dangers venant de l’extérieur et de l‘intérieur de la colonie. Les pollens et les nectars des fleurs butinées sont souillés par les pesticides et d’autres produits utilisés provoquant la mort des colonies, aussi bien par le « petit jardinier », et même sur son balcon. L’eau, si précieuse pour la vie, est elle aussi polluée. Les changements de méthode agricole n’admettent plus les haies, les friches et l’assolement. Les OGM sont à la mode mais nous n’en connaissons pas les répercutions réelles sur la nature et la santé humaine dans le futur. Les biotechnologies ouvrent une ère nouvelle comme en son temps la machine à vapeur avec des conséquences plus larges et totalement inconnues. Les plantes « crées » n’auraient plus besoin des abeilles pour produire des récoltes ! Il se développe ainsi une désertification faussement fleurie où la biodiversité reste une image végétale sans vie animale telle des papillons et donc des oiseaux, etc.
Tous ces facteurs affaiblissent les abeilles et la rende plus vulnérable aux agressions. Les échanges internationaux permettent aussi aux virus de voyager (comme celui de la grippe). Nos colonies n’ont pas appris à vivre avec ces hôtes nouveaux. L’abeille et les nouveaux virus ont encore une vie commune trop courte. Il en va de même avec les parasites nouveaux, transportés par inadvertance, vers des colonies accueillantes. C’est ainsi que le parasite Varroa Destructor est à la fois un parasite et un vecteur de virus de notre « abeille domestique ».
Pour les apiculteurs, la lutte sera encore longue, et de nouvelles méthodes de travail sont obligatoirement à mettre en œuvre. Pour Vous cher lecteur, le rôle est de rejoindre ces défenseurs de notre environnement, afin de laisser à nos enfants et petits enfants une TERRE pleine de VIE et d’abeilles ! Pour cela vous venez découvrir cette activité qui permet la proximité de la nature et la dégustation de son propre miel en respectant l’environnement chez votre apiculteur local.
Jean-Dominique BAYART a souligné son intérêt pour ce dossier liant l’aspect vétérinaire et sanitaire de l’abeille ainsi qu'à la protection des végétaux dans les traitements agricoles, un dossier qu’il connaît bien.
La partie administrative de cette réunion a vu les rapports statutaires acceptés à l’unanimité et reconduire dans ses les fonctions les membres éligibles du conseil d’administration
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